NATARAJA UNE DANSE COSMIQUE


 

image peinte d'une sculpture de la figure de Nataraja

Qui est Nataraja ?

Considéré comme le Maître de la création, Shiva, le grand dieu du yoga et du tantrisme en Inde, est représenté sous d’innombrables aspects, mais il est particulièrement populaire sous sa forme de Nataraja (de naṭa, danse et rāja, roi), le Seigneur de la danse cosmique, de la naissance et de la destruction des mondes.

Sous les traits Naṭaraja, Shiva est pris dans un cercle de flammes image du cosmos. En écrasant de son pied droit le nain maléfique symbole de l'ignorance, il crée et détruit les mondes au rythme du tambour, dans une danse cosmique effrénée de violence et de joie. Et dans cette image de seigneur de la danse, les gestes et le mouvement du corps expriment dans un même élan paradoxal, création et protection, fureur et anéantissement, connaissance et bienveillance.

C’est pourquoi cette figure est considérée comme une allégorie sculpturale des cinq principales manifestations de l'énergie universelle (Shakti), qui régit et constitue toute chose :

  • la création (apparition de l’existence de toute chose)

  • la conservation (ou maintien de la "vie" de toute chose)

  • la destruction (ou la "mort" de toute chose)

  • le salut (ou libération de l’emprise de l’illusion)

  • l'illusion (ou ignorance de la véritable nature du réel)

Cette énergie par laquelle est d’abord engendrée la succession des jours et des nuits, le cycle des saisons et celui de la naissance et de la mort, finira par provoquer à terme la destruction de l'univers, puis le fera renaître, dans un cycle sans fin.

Cette danse de création / destruction du monde est le processus éternel d’inspir et d’expir par lequel tout phénomène se déploie dans le réel. Il va porter et maintenir sa création pendant un intervalle de temps, avant d’y mettre un terme en la résorbant, pour laisser place à une nouveau cycle de création.

Shiva dansant est alors le maître à penser qui écrase l’illusion de l'ignorance, et toutes les passions néfastes et malfaisantes dont elle est à l’origine, par une connaissance lucide et implacable des mécanismes de la réalité,

Cette dynamique associant à la fureur de la table rase, la bienveillance d’un nouveau départ, ne peut en effet opérer qu’à partir d’un douloureux processus de compréhension de la rude nature du réel, dont l’âpreté malgré tout nous libère.

Le dynamisme remarquable des mouvements exposés ainsi que le sentiment d’équilibre, malgré tout fragile, qui se dégage de l’ensemble de la composition, font de cette figure un modèle du "cinéma solide" imaginé par les sculpteurs de l’Inde pour exprimer le divin à travers la gestuelle physique et la multiplicité de sens du message délivré.

 

infographie explicative de la figure de Nataraja

La danse cosmique dans le Tantrisme Shivaïte

L’humanité transmet sa compréhension des commencements du monde à travers différentes cosmogonies. Dans le tantrisme Shivaïte, la question de l’évolution cosmique pose quelques repères à garder à l’esprit pour entrer plus avant dans la compréhension de la figure de Nataraja.

La structure conceptuelle de la danse cosmique possède les caractéristiques d'une hypothèse scientifique fondée sur les principes de transformation, de conservation, et de dissipation de l'énergie.

Ainsi, selon la vision cosmogonique tantrique, le son du tambour Damaru , par le rythme et la vibration, ordonne, organise, puis à la fin du cycle, déstructure le monde.

En début de cycle, des composés subtils se combinent pour former les éléments les plus petits du monde tangible. Ces petits éléments composent des éléments plus grossiers, qui à leur tour s’agglomèrent pour former des éléments encore plus "matériels", dans une évolution de l'univers par étapes, niveau après niveau.

Dans un processus continu, les premières émanations qui sont de nature vibratoire, donnent naissance à la chaleur, laquelle se transforme en substances gazeuses puis liquides, jusqu'à ce qu'elle se solidifie

Lorsque le cycle est achevé, il s’inverse et la matière solide se dissout, puis se désintègre et retrouve un simple état vibratoire. La destruction n'est alors qu'un renversement du processus évolutif vers ses origines.

Dans cette conception, le cycle d'expansion, contraction et dissolution recommence à l’infini, et la naissance constante de la matière s’opère, non à partir de rien, mais par une recréation et une transformation continue de l'univers. En ce sens, il n’existe rien d’immobile ou d’immuable dans le réel.

Selon la philosophie Shivaïte, ce processus continu est réglé par des cycles, et s’applique au développement du monde et des galaxies, comme il s’applique également aux espèces ou aux individus. Les planètes, les civilisations, comme les êtres naissent, vivent et meurent suivants des rythmes cycliques inéluctables et équivalents.

Sortis de notre cadre d’espace et de temps, nous ne représentons qu’une infinitésimale fraction d’existence à l’échelle de l’univers, ou au contraire, une donnée cosmologique immuable à l’échelle de l’éphémère durée de vie de certaines particules sub-atomiques.

La danse cosmique de Nataraja nous montre les équivalences structurelles entre ces différentes échelles.

image de la Nasa représentant le fond cosmique du ciel étoilé

Jour de Brahma, une exploration de l’espace et du temps

  • Le jeu divin rythmique manifesté dans la figure de Nataraja, exprime l'évolution du cosmos engagé dans une contraction et une expansion cycliques.

  • Cette idée d'un univers périodiquement en expansion et en contraction, implique la manipulation d’échelles spatio-temporelles de vastes proportions, présentes depuis des temps anciens dans la cosmologie du tantrisme Shivaïte, mais relativement récentes dans la cosmologie moderne.

  • Ainsi, l’inconcevable intervalle de temps entre le commencement et la fin d'une création d’univers porte le nom de Kalpa, et sa durée correspond à ce qui est désigné comme un Jour de Brahma. Et le néant pendant lequel le monde cesse d'exister, dure un autre Kalpa, formant une période égale désignée comme la Nuit de Brahma.

  • Bien que les termes de jour et de nuit soient employés de manière allégorique, il demeure que l'emploi de telles unités de mesure de ce temps du principe créateur est remarquable, au même titre que le déplacement conceptuel entre ces différentes échelles de temps et leur mise en relation.

  • Pour se déplacer dans ces différentes échelles de temps et en déterminer la direction et en mesurer la durée par rapport à un cadre de référence, il faut qu’il existe un élément de conscience. Pour l'homme, la perception de la dimension du temps est déterminée par ses propres rythmes vitaux , ainsi que par les mouvements apparents des astres qui déterminent la durée des cycles dans lesquels nous vivons, à l’intérieur du cadre que constitue le système solaire.

  • C'est par rapport à ce temps humain, seule unité de mesure qui nous soit réellement compréhensible, que nous pouvons estimer la durée de l'univers (qui ne serait qu'un rêve d'une journée du point de vue du principe créateur), ou bien celle de certains mondes sub-atomiques (dont la durée n'est qu'une fraction de temps infinitésimale). La construction d’unités de mesure des distances, s’appuie également sur un référentiel issu du corps humain (pouce, pied, coudée, jour de marche), ou sur une proportion de notre environnement (le mètre comme fraction d’une mesure terrestre).

  • L’arpentage de l'espace et du temps est un langage utilisé par un observateur pour décrire son environnement à partir de son propre référentiel.

  • De la même façon qu’il n’existe pas de temps absolu, la relativité du temps nous oblige aussi à abandonner la notion newtonienne d'un espace absolu, qui serait censé contenir, à chaque instant, une configuration définie de matière et de composants. Parce qu’un événement lointain survenant pour un observateur à un instant particulier, pourra advenir plus tôt ou plus tard pour un autre observateur, toute simultanéité est jugée relative, car dépendant du mouvement de l'observateur.

  • Il n'est désormais plus possible de déterminer un instant qui serait commun à l'ensemble de l'univers : il n'existe pas d'espace absolu indépendant de l'observateur.

Ainsi, la figure de Nataraja, parmi tant de lectures possibles, nous dévoile certains éléments de compréhension particuliers.

Le caractère irréversible de l’écoulement du temps

Les chercheurs ont mis en évidence le caractère irréversible de l'organisation des systèmes dynamiques, des effets et des propriétés émergentes qu'ils induisent. Par exemple, de l’encre versée dans de l’eau se dilue, et bien que le phénomène soit explicable en termes de mécanique des fluides, on ne sait pas démontrer l’impossibilité théorique du phénomène en sens inverse , sauf à constater que cela n’a jamais lieu dans le réel. Individuellement et collectivement, nous avançons ainsi de façon inéxorable dans une certaine direction, sans jamais marquer d’arrêt, et il n’est pas de retour en arrière possible. Ce qui s’est déjà produit ne se reproduira plus jamais à l’identique.

Organisation fractale de la réalité

Ce qui est également signifié dans la figure de Nataraja, c’est l’affirmation d’une organisation fractale de la réalité, dans laquelle un instant n'est pas en soi plus long ou plus court qu'un siècle, ou qu’un Kalpa, car il n’est pas de valeur absolue du temps.

Si la réalité semble bien construite suivant différents intervalles de temps et dimensions d’espace qui restent organisés de façon comparable à différentes échelles, alors, pour élargir notre niveau de conscience et de compréhension du monde, seule opère la mise en relation entre ces différentes échelles. Et repérer l’équivalence de structure profonde des phénomènes dans des échelles de temps ou d’espaces différents, implique une gymnastique conceptuelle que l’on pourrait qualifier de "déplacement scalaire".

L’Homme-univers

Les lois qui régissent le développement et le déclin de l'univers dans son ensemble sont les mêmes que celles qui gouvernent chacune de ses parties, donc nous, êtres humains.

C'est pourquoi on peut établir un parallèle entre la durée du corps de l'univers et celle de l'être humain, qui en est une image, un modèle réduit.

La vie de l'homme n'est pas en soi plus courte ou plus longue que celle d'un dieu ou d'un univers. La durée en est différente uniquement en termes relatifs , toujours parce qu’il n'existe de valeur de temps que par rapport à un système de perception particulier.

Ce concept d’un univers considéré comme un être constitué dans une échelle d’organisation supérieure à la nôtre, est désigné sous le terme de Purusha, l’Homme-univers. Durant le jour de Brahma, qui voit l’apparition le maintien, puis la destruction d’un univers, les cellules qui composent cet univers se forment, se détruisent, se renouvellent, tout comme les composantes élémentaires qui forment l'être humain, se forment, se détruisent et se renouvellent sans cesse.

Distinction entre sujet / objet

Ce que nous montre également la figure de Nataraja, et de manière plus globale le Shivaïsme, c’est que la distinction entre objet observé et sujet observant n’est pas pertinente pour décrire la réalité. Sujet et objet sont liés de façon intrinsèque, et leur dissociation est une illusion conceptuelle. Ce paradigme, à la fois très ancien puisque il a été énoncé dès l’origine par les grandes philosophies de l’Inde antique (Bouddhisme, hindouisme, Shivaïsme), est en même temps très contemporain, puisqu’il a été démontré dans de récentes expériences de mécanique quantique (le fait d’observer de la part de l’expérimentateur influence invariablement le résultat de l’observation).

image d'une interprétation artistique de la figure de Nataraja

Les phases de création / destruction

Dans la figure de Nataraja, la succession des cycles de création / destruction apparaît comme un processus quasi-mécanique, répondant à un enchaînement de phases précises.

Zéro, le néant

  • Dans la première phase du cycle de création, le temps n'existe encore que sous une forme latente que nous pouvons appeler l'éternité car il n'a pas de mesure, pas de durée, pas d'avant ni d'après.

  • Nous nous situons ici dans ce que la science identifie comme un espace-temps dans lequel, paradoxalement, ni l’espace, ni le temps ne se déploient, qui n’est, ni connu, ni modélisable, et qui s’établit "en deçà" de l’explosion principielle .

  • Nous sommes ici aux limites du langage et de la pensée, tentant de décrire des concepts de temps et d'espace, en dehors de notre expérience quotidienne, et donc de tout cadre référentiel. Si l'on considère que rien ne se manifeste avant ce seuil , cela ne signifie pas pour autant que rien n'y existe.

  • Dans ce "néant", une immense quantité d'énergie pourrait être à la fois présente et échapper durablement à toute observation car pour l'observer, il faudrait précisément dépasser ce seuil de Planck.

Un, la naissance (ou création du monde)

  • C'est l'énergie, par la production d'ondes vibratoires ayant une direction et une longueur, qui va donner naissance à des rythmes dont la perception va créer la dimension du temps, la mesure de l'espace et en même temps les structures de la matière.

  • Dans la cosmogonie Shivaïte, "l’assemblage" des ondes organise et structure la matière, c'est pourquoi la formation du monde est représentée symboliquement comme produite par le rythme du tambour et de la danse de Shiva.

  • La cosmogonie Shivaïte emploie le terme de Bindhu, pour désigner le germe primordial à partir duquel toute la réalité se déploie.

  • Dans la théorie du "big bang", l'instant même du big bang marque le commencement de l'univers et le commencement de l'espace et du temps.

  • L'expansion actuelle de l'univers peut être considérée comme comme un résultat latent dû à l'impulsion de cette explosion initiale.

Deux, le développement (ou maintien du monde)

  • Puis vient une phase de développement du monde, qui est à la fois complexification du système (l’univers depuis le Big Bang, croît en niveaux successifs d’organisation de la matière), et qui constitue également un "développement" physique, car l’univers s’étend dans toutes les directions, il est en expansion constante.

  • L’approche tantrique Shivaïte adhère au principe suivant lequel il existe une continuité de nature entre la matière et l’esprit. Ces deux éléments sont liés dans leur croissances respectives et suivent une évolution en parallèle au sein de notre univers.

  • Ce rapprochement entre la sphère de la pensée et le monde physique, rejoint les conceptions scientifiques qui postulent une continuité de nature entre énergie, information et matière, puisque, dans tous les cas, nous n’aurions affaire qu’à des formes plus ou moins condensées d’énergie.

  • La cosmologie de l’Inde antique estime la durée de vie totale de l’univers actuel à 34 milliards et 560 millions d’années. Notre univers de 15 milliards d’années, se situerait donc à environ la moitié de sa durée et devrait poursuivre son mouvement d’expansion pendant encore deux milliards d’années, avant de d’amorcer une phase de résorption précédant sa destruction.

Trois, la destruction (ou résorption du monde)

Dans la figure de Nataraja, Shiva représente également le principe de la mort pour tous les niveaux d’existence, et à toutes les échelles de temps.

Ainsi dans un univers en perpétuelle transformation, il préside à la destruction des êtres individuels transitoires, puis des lignées qu’ils forment. dans un intervalle de temps plus grand encore, ce sont les espèces qui disparaîssent, puis enfin les mondes, jusquà la fin de l’univers lui-même.

C’est pourquoi, dans les dénominations antiques :

  • Shiva est parfois nommé Rudra, le Hurleur, le Redoutable.

  • Kala, représente le principe du temps, qui mesure la durée des mondes et des êtres.

  • Agni est le grand feu sacrificiel, purificateur et créateur.

  • Le Kala-agni signifie donc le grand feu du temps qui est le feu ultime de la fin d‘un cycle, avant l’avènement du suivant.

  • Alors, Shiva, en tant que Kala-agni Rudra, devient à la fin de chaque grand cycle, le destructeur universel, qui consume l’univers entier dans le feu de la dissolution et le fait disparaître dans la conscience suprême.

Le modèle d’un univers croissant sur des milliards d'années, puis se contractant jusqu'à condenser sa masse totale en un point d’une densité infinie, puis, se redéployant encore dans un ballet sans fin, identifie la figure de Nataraja aux théories astrophysiques actuelles d’un univers oscillatoire.

image d'un croquis dessiné à la main de la figure de Nataraja

Les savoirs de la figure de Nataraja

Les thèmes liés à la figure de Nataraja, esquissent certaines caractéristiques de la réalité dans laquelle nous évoluons.

Ainsi, nous nous situons :

  • Dans un monde où les phénomènes sont en influence mutuelle permanente, où tout est relié à tout, où rien n'est étranger à rien. Cette interdépendance n'est pas incompatible avec une autonomie partielle et locale des phénomènes dont il ne faudrait pas nier la singularité au prétexte qu’ils ne sont jamais isolés ou déconnectés.

  • Dans un monde dont la réalité matérielle fondamentale apparaît comme vibratoire, balançant entre dissonance, résonance et harmonie alternativement retrouvées.

  • Dans un monde dynamique et en mouvement constant qui oscille entre des équilibres d'ensemble et des déséquilibres locaux, temporaires, et néanmoins moteurs d'activité, d'évolution et de changement.

  • Dans un monde en phase d'émergence et de complexification croissante, basé sur un mécanisme fondamental d’auto-organisation déployée à travers différents niveaux de réalité sur un modèle fractal (de façon auto-référentielle à toutes les échelles).

  • Dans un monde rythmé par une phase de naissance, d’expansion puis de désagrégation, à l’image d’une respiration divine scandée par une apnée, un inspir, une apnée, puis un expir, avant le renouvellement complet du cycle. Cette apparition récurrente de trois phases fondamentales (création, maintien, destruction ), peut s’étendre à quatre en incluant la phase de néant dont est issu le monde et vers quoi il retourne lorsque Shiva a fini de danser.

  • La figure de Nataraja nous permet de saisir la relativité et à la fois l’équivalence entre les évènements-phénomènes du monde sensible, afin que nous puissions mieux nous déplacer et agir à l’intérieur du grand ballet cosmique de la création.

  • Pour un assemblage d’atomes, un être unicellulaire, un organisme complexe, un système planétaire, une galaxie, ou encore un univers entier...quelle que soit l’échelle du système observable, naissance, vie et mort se succèdent dans un mécanisme ininterrompu et implacable.

  • Rien n’est éternel, et le temps d’un battement de cil divin, ce qui nous semblait se revêtir d’infini en termes de distance ou de durée, se désagrège pour laisser place à la prochaine danse.

Comme Maître de la création, Shiva-Nataraja nous donne à percevoir la valeur de toute chose, et de comprendre intimement l’essence véritable de toute existence, à travers l’inéluctabilité d’une disparition programmée. Comme Roi de la danse cosmique, à la fois Seigneur du désir, et grand Destructeur des mondes, Shiva-Nataraja dans la fureur de sa danse extatique, nous montre la voie de résolution et d’harmonisation des forces opposées de création et de destruction, un des principes fondamentaux du Tantrisme Shivaïte.

(Pour aller plus loin)

  • Osho RAJNEESH, Techniques de méditation, Editions du Gange 1995
  • Alain DANIELOU, La fantaisie des dieux et l’aventure humaine, Editions du Rocher
  • Ajit MOOKERJEE Madhu KHANNA,La voie du Tantra, Editions du Seuil 2004
  • Fritjof CAPRA, Le Tao de la Physique, Editions SAND 1985
  • Daniel ODIER, Tantra Yoga, le Tantra de la connaissance suprême, Albin Michel 1998
  • "Les sons créateurs de formes" – Dossier de Alain BOUDET  (site internet Spiritualité, Science, et Développement) https://www.spirit-science.fr/doc_musique/SonForme.html